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Connexio Sybarite XLIII by ~lysere:iconlysere:



Alors que je quitte le Sénat, un sentiment de gêne s'empare de moi quand je distingue, à travers les baies vitrées, trois porte-nefs au repos.
Quelques instants plus tard, le même sentiment de presence malsaine m'accompagne alors que je quitte la baie de réception et descend vers NewHeart, direction, la rade de Old Manhattan... et ses ruines et friches industrielles de l'époque.
Pourquoi devrais-je faire confiance à un type qui ignore tout des réalités d'un terrain qu'il a quitté voilà dix années... Parce que je n'ai pas le choix, voilà tout. C'est ridicule, mais je n'ai pas vraiment le choix.
Il fait presque nuit en bas alors que je survole les buildings qui s'élèvent au dessus des ruines et des friches industrielles du Ground...
Une rapide descente vers le sol, et je me pose dans un grand parking public à l'époque où les berceaux étaient rares, voir inexistants.
Un voyant lumineux et un buzzer m'indique que je suis dans une zone interdite au public pour cause de danger immédiat.
Je passe à l'arrière, et sans vraiment réfléchir, je m'habille avec des vêtements fonctionnels, je ceins la lame dans le dos et le fusil en bandoulière...
D'antiques véhicules dépiautés, carbonisés et rouillé depuise des années, voire des siècles sont éparpillés ça et là...
Etrange comme l'architecture du Ground varie d'un point à l'autre du globe, en fonction de son Histoire et de tant d'autres choses...
Les émeutes de soixante-deux ont dûes être particulièrement violentes ici... le béton est fendu, complètement défoncé par endroits, et de nombreux restes de barricades défoncées barrent encore les ruelles et les rues...
Le sol est jonché de gravats...
Une brume sale cache la rade de New York, au loin, je distingue le halo fantômatique des installations maritimes qui cachent les restes de l'antique statue vert-de-gris offerte au nom de la Liberté des peuples par des sauvages pour des sauvages...

La silhouette menaçante des super-tankers encore à quai, et le grincement de leurs cables d'amarrages, des silhouettes se déplacent le long des quais, soldats industriles chargés de protéger les précieuses cargaisons des raiders du Ground...

Mes pas résonnent et font crisser le ciment froid et humide, les gravats sont omni-présents. J'active le systême de défense automatique de l'Ithaca pour parer aux mauvaises surprises.
L'éclairage inexistant apporte son lot d'ombres menaçantes. Je me sens exposé et faible dans cette décrépitude de l'humain... Et dire que nous nous gaussons d'avoir apporté la civilisation à travers les étoiles... nous ne balayons même pas à notre propre porte... au lieu de les aider à s'en sortir, nous les oppressons encore plus... et les noyons sous nos déchets...
Qui suis-je ? Marc ORIAM n'est qu'un nom... un sobriquet, des lettres sur un écran, rien de réel... si tant est qu'il y ait une réponse réelle...
La petite carte métallique dans ma main gauche me paraît étrange, rien de particulier, une carte métallique percée... pas vraiment utile dans un endroit comme celui-ci...
En même temps, ma présence ici ne me paraît pas particulièrement utile... non, elle est nécessaire, j'ai quelque chose à faire ici... mais quoi ?
L'air est chargé d'odeurs maritimes, iode, gazole, huile.
Des hangars à perte de vue... rien de particulier... Cela semble irréel, sorti tout droit d'une histoire de fantômes...
Mon regard glisse sur les plaques identifiant les hangars, je compte et j'approche, ma main droite glisse le long de la crosse de... Uh ?
Comment ça sur une crosse ?
Je trourne la tête pour constater que j'ai emmené mon fusil et mon katana... reflexe d'un autre temps ? Reflexes d'une autre vie et d'une autre personne... Trop tard pour faire demi-tour... le dénouement est proche ? Ou loin, ça dépend de la route... quelle route ? Je ne distingue même pas un petit sentier boueux, je me contente de suivre des traces dans l'herbe de ma vie... Des traces laissées par quelqu'un d'autre.
Je suis maintenant devant un hangar délabré aux couleurs de la LykesLine Compagny
C'est là...
Quoi ? Qu'est-ce que je m'attend à trouver ?
Encore une fois de la déception ? Encore une fois des question ? Encore une fois des traces dans l'ombre que je poursuit ?
Un bruit de course dans la ruelle atenante, un couinement, un chat qui crache... fracas du métal et tintement des débris... plus rien, le silence...
J'entend au loin le mugissement des bouées, de temsp à autres une cloche sur un navire, le claquement des haubans.
La nuit est claire et le son porte loin. Le bruit des répulseurs est assourdi par les filets de brume qui s'accrochent à tout.
L'ambiance n'est pas là pour me rassurer, en même temps, quand ai-je été rassuré pour la dernière fois ?
La porte principale est cadenassée, quelle surprise...
Sans hésiter je passe sur le côté droit du hangar et m'engage dans une ruelle encombrée de poutrelles, de débris de véhicules, de restes industriels rouillés et vétustes... un assemblage menaçant de s'effondrer à chaque instant me semble-t-il.
Ma progression est difficile, les débris pulvérulents n'aident pas vraiment au déplacement.
Une pétarade éclate non loin, une explosion, je sens l'odeur âcre de la fumée et retiens une quinte de toux.
Le sol se teinte de rouge orangé, je m'enfonc plus profondément dans les débris...
Un filet d'eau noirâtre  suinte le long du caniveau...
Les insurgés tiennent ce quartier d'une main de fer. Il faut progresser doucement. Patauger dans l'eau croupies des les immondices.
Rejoindre le poste avancé, en voilà une bonne idée... seulement, mon soucis, c'est quand même trente kilomètres en mileux urbain hostile, c'est un peu décourageant non ?
J'avance plus vite, la fusillade décroît d'intensité. Ils ne m'ont pas vu et doivent probablement se battre entre eux... andouilles. Ils nous auraient chassé depuis longtemps de cette planète dévastée par la guerre s'ils avaient un tant soit peu de jugeote.
Mais quelle idée ont eu les Prophètes de s'installer par ici ?
Je vous jure.
Une réussite cette mission de reconnaissance... abattu par quelques mitraillettes vetustes et une antique Arme Anti-Blindage Légère... lamentable...
Au moins je pourrais reconnaître le sol de près, hein... pense positif Marc.
Mais qu'est-ce que je raconte ? Je dois être vraiment ravagé de la pépite...
Mais ça n'explique rien.

Je suis maintenant devant la porte de secours de l'entrepôt. Un cadenas rouillé en barre l'entrée.
Au bout du second coup de crosse, ce dernier vole en éclats.
Je pénêtre dans l'entrepôt, en silence, du moins, hormis le grincement sinistre de la porte de secours.
Je referme la porte derrière moi. Nouveau grincement horrible.
©2006-2009 ~lysere
:iconlysere:

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Le chapitre 43, ici, et maintenant...

La fin est proche !!! Prenez garde, et tremblez !

Chapitre XLII :
Chapitre XLIV : A venir

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June 29, 2006
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