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Connexio Sybarite Tome 1 Final by ~lysere:iconlysere:



Les lieux sont austères, remplis de caisses, d'armoires et de blocs de transports... au centre, une vaste aire libre avec une table en acier.
Je ne peux m'empêcher de pousser un sifflement admiratif.
Un néon de forte puissance éclaire la scène...et je suis surpris que pas un ganger n'ai osé s'aventurer jusque là...
Tout est dans un état impeccable... et la poussière est omniprésente. Il n'y a pas eu de passage depuis plusieurs mois, voire des années...
J'ouvre plusieurs caisses pour constater avec effarement la présence de fusils, d'armes de poing, de munitions, de protections... de quoi équiper au grand complet trois section d'assaut complètes, une équipe de commandement et au moins de groupes d'ouvreurs de voies.
Du materiel radio, des explosifs, casques, protections thoraciques, masques à gaz, des munitions en veux-tu en voilà...
Comment ce materiel a-t-il pu arriver là ? Et surtout, comment suis-je arrivé là ?
Je suis abasourdi.

Un claquement sec derrière moi, je vais pour me retourner quand un embout métallique froid et large se fait sentir dans mon dos.
Une voix grinçante et nasillarde résonne méchamment à mes oreilles :

« A genoux, mains sur la tête, et pas d'entourloupes... »

Que dire ? Si ce n'est que je suis tellement surpris que j'obtempère sans un mot.
Le rire grinçant de Jan monte hystériquement dans l'atmosphère poussièreuse du hangar.

« Finalement, monsieur ORIAM... vous êtes plus bête que je ne le pensais. »

Attendre, ne pas répondre, attendre une occasion... attendre la seule occasion possible.

« Allons, soyez heureux, je dois vous remercier. Le Sénateur BORGINK n'a pas parlé malgré tout, il est resté de marbre, malgré le fait que je sois là. Il a très bien joué, il a fallu qu'il essaie de me doubler... mais on ne me double pas impunément... Si je n'avais pas été si malin, tout aurais été perdu... mais cette fois-ci... je suis le gagnant de cette histoire. Vous ne semblez pas étonné de me voir capitaine ? Vous auriez perdu cet orgueil formidable qui vous caractérisais ? C'est tellement dommage. Au moins c'est un trait de votre caractère qui a bien disparu... Mais votre curiosité maladive est restée... ce n'est pas vraiment plus mal... »

Ne dis rien Marc, ne dis rien, surtout pas...

« Ca ne m'étonne pas de vous soir ici, c'est un bon coin pour les rats... »

Oups... je serre les dents, mais Jan explose de rire, encore plus hystérique que précedemment. Le canon de l'arme reste résolument planté dans mon dos, ferme, il ne tremble même pas... ce type n'est pas humain... un rire hystérique, et aucun tremblement... ce n'est pas possible.

« Très drôle Marc, permettez que je vous appelle Marc dans vos derniers instants, un minimum d'intimité s'impose... Je vois que vous n'avez pas perdu votre répartie. Mais je viens finir mon travail ici, et je pense que vous allez faire un petit tour au fond de la baie... je suis sûr que vous allez adorer la vue. Mais je parle, je parle, je ne voudrais pas que vous manquiez le lever de soleil avec les poissons... j'ai toujours eu un sens développé de la mise en scène... vous ne trouvez pas ? Adieu Monsieur ORIAM, à défaut des entrepôts, vous nous aurez au moins livré du materiel neuf en parfait état. »

Un autre claquement sec et une détonation épouvantable.
Alors c'est comme ça que ça se passe ? On ne sent rien ?
Un bruit sourd derrière moi, je comprend mieux. L'impact m'a propulsé hors de mon corps, et je ne sens rien parce que je suis mort sur le coup, déjà désincarné. Il faudra quand même alors m'expliquer pourquoi je sens toujours le sol froid sous mes genoux quand même...
Pas de tunnel lumineux ? Pas de grande lumière ? Plutôt triste en fait ? Même pas de changement de décors... il y a tromperie sur la marchandise... je vais dire un ou deux mots aux gens qui ont écrit des bouquins sur le sujet... et s'ils sont morts, ça tombe bien.
Je me relève et m'époussette, surprenant.
Je me retourne pour voir dans quel état est mon corps... mais au lieu de cela, c'est le corps de Jan qui gît dans une marre de sang... d'accord, je comprend mieux les sensations..., il a un trou gros comme le poing dans le dos.
A dix mètres derrière son cadavre, un fusil encore fumant, et un visage connu. Je tressaille. Le fusil ne semble pas vouloir bouger.

« Je suppose que je dois vous remercier ?
- Je ne voulais pas qu'il te tue, je veux te tuer de mes propres mains...
- Charmante attention, je retiendrais.
- Et pour ça, vous m'avez sauvé la vie ?
- Oui. Maintenant donne moi une seul bonne raison pour ne pas te tuer comme un chien.
- Parce que tu n'avais qu'une seule cartouche.
- Tu as raison. »

Sur ces paroles, le commandant PARKSON jette son fusil et dégaîne son sabre. Par reflexe, le mien est déjà dans la main.

« Tu te souviens Marc ?
- Je ne me souviens de rien, pour moi ce sera toujours une première fois.
- Alors j'espère que tu t'es amélioré.
- Il me semble que c'est toi qui a été blessée la dernière fois...
- Oui, mais je me suis améliorée. »

L'instant d'après, les lames s'entrechoquent dans un tintement cristallin.
Les coups échangés sont particulièrement violents et alternent très rapidement de l'état d'attaque à celui de parade, feintes et pirouettes, glissades et dérapages... frappes et parades, encore et encore.
Je me détend au fur et à mesure que le temps s'écoule lentement. Chaque impact sur la lame, chaque tintement résonne dans mon esprit, semble vouloir tirer quelque chose de mon inconscient... visions déformées par un voile vert bleuté...
Les coups s'enchaînent très rapidement et le temps semble ne plus avoir aucune importance.
Nos niveaux me semblent à peu près équivalents, je tente une botte, mais elle la pare aisément, j'ai plus de mal avec l'une de ses attaques sournoises, mais un pas de côté m'évite de perdre une oreille qui traînerait un peu trop.
Ce n'est pas un combat de physiques... non, nos deux volontés s'affrontent ici, dans la poussière et la sueur... dans un hangar décrépit du Ground...
J'intensifie le rythme des attaques, elle ne cède pas un pouce de terrain et contre-attaque avec encore plus de violence.

Nous sommes au-delà de la fatigue, au-delà de l'endurance, portés par nos seules volontés.

Un carillon, lames entrecroisées, nous sommes au point mort. Le premier qui relâche la pression est mort.
Nos regards se croisent :
« Nous pourrions travailler ensemble Marc.
- Nous n'avons pas les mêmes objectifs.
- Nous avons les mêmes objectifs, seuls nos moyens diffèrent.
- Non, tu as entravé nos actions, et par ta faute, il y a eu bien trop de morts.
- Je ne vous ai jamais trahi.
- Tu parles ! Et le Sarratoga ?
- Un sacrifice nécessaire.
- Et les prophètes ?
- Nous agissons de l'intérieur et faisons souffler le vent de la discorde en leur sein. »

Nous relâchons tous deux la pression sur les lames, un pas rapide en arrière, nous sommes hors de portée. Elle rengaine son arme, je fais de même.

« Il y a du café, ou c'est juste une armurerie ici ?
- C'est juste un stock comme un autre, mais je connais un petit café underground à peine valable.
- Je te suis.
- Et lui ?
- Il ne s'enfuira pas. »

Alors que nous quittons le hangar, un détail me revient. Je fais demi-tour en entraînant PARKSON derrière-moi.
C'est à ce moment que j'ai un mauvais pressentiment et qu'il se fait plus fort.
Je pousse doucement la porte qui grince atrocement, le corps de Jan a disparu, et un frisson de terreur me hérisse.
Certes, la flaque de sang est impressionnante, mais où est le corps ?
Instinctivement, je me déporte sur la gauche, PARKSON fait de même mais sur la droite.

Un ricanement au dessus de nos têtes, j'aperçois une silhouette en haut d'une passerelle avant qu'un déluge de feu et de plomb ne s'abatte sur nos têtes.

L'espèce de salopard est là haut ! Comment est-il arrivé jusque là ? Je l'ignore, en fait, je ne me pose pas vraiment la question... parce que là, ce n'est pas vraiment le moment.
Judith peste comme une charretière tandis que je bondis vers la gauche au pas de course et que je m'arrête derrière une caisse métallique. Les balles pleuvent autours de nous et ricochent sur le ciment et sur le métal. Je sens mes yeux s'écarquiller avec effroi lorsque je constate que la caisse qui me sert de protection est estampillée comme explosive. Ni une ni deux secondes de réfléxion, je bondit hors de mon couvert pour foncer derrière quelque chose de plus sûr.
Mon fusil me bât les flanc, mais je n'ai pas vraiment le temps de l'empoigner là maintenant...
Je me jette derrière une caisse et me réceptionne en roulant sur moi-même.
Un regard oblique me paralyse pendant une seconde.
Jan flotte dans les airs, il tient deux mitralleuses dans ses mains et semble savoir s'en servir. Ses cheveux flottent dans un courant d'air invisible... sinistre bannière. Le trou est bien visible dans sa poitrine... Ses yeux vides se trounent vers moi, il éclate de rire tandis que ses mitrailleuses se mettent à cracher la mort.
Je me baisse et laisse les balles passer autours de mon couvert.
J'empoigne mon fusil et attend que les tirs s'arrêtent... il va bien devoir recharger non ?

A ce moment, de nouvelles détonations retentissent, Judith a ouvert le feu sur la Jan/Chose
Les tirs de Jan semblent se concentrer sur un autre point du hangar, j'en profite pour bondir de ma cachette et vider mon chargeur sur cette saleté. Jan se retourne vers moi et recommence à tirer dans ma direction. Faisant confiance à mon instinct, je bondit et pique un sprint vers un autre endroit du hangar. Le sol semble exploser sous mes pieds tandis que je rentre la tête dans les épaules et que je cours jusqu'au prochain abri.
Le souffle des balles et les éclats de béton qui volent autours de moi me signalent que mon abri n'est pas très sûr.
Et pendant ce temps, ce rire de dément... complètement hystérique... et cette chose qui se fiche éperdument des balles qu'il prend dans les dents...
Ses foutues munitions finirons bien par s'épuiser non ?
J'enclenche un chargeur neuf dans le fusil.
Jan semble se concentrer sur Judith, je passe en mode coup par coup et ajuste le monstre.
Ma première balle explose en plein milieu de son thorax, la deuxième atteint son épaule droite alors qu'il se tourne vers moi, une troisième balle s'enfonce dans sa gorge et la quatrième balle lui arrache une moitié du visage... et ça ne semble pas le déranger le moins du monde...
Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
La scène est irréelle, et les canons de ses mitrailleuses monte vers moi, je suis en champ libre,son dernier oeil valide me fixe de manière vicieuse.
Sa machoire à nu s'étire en un rictus malsain. Le sang s'est remis à couler en une pluie couleur de grenat.
J'ai juste le temps de me jeter au sol en maudissant mille fois cette saleté et toutes les personnes qui pourraient être en cause dans cette histoire...
Le souffle brulant des éclats de plomb et de métal me fait dresser les cheveux sur la tête, mes oreilles bourdonnent.
Je me rend soudain compte qu'il n'y a plus de bruits, plus qu'un cliquetis qui résonne comme la plus douce des musiques à mes oreilles.
Je me redresse et bascule en mode rafales courtes pour cribler la saleté.
Mes tirs et mes hurlements de rages emplissent le hangar d'un écho monstrueux.
Du coin de l'oeil je vois Judith se relever, elle tient une simple arme de poing et ajuste son tir calmement sur la créature qui ne semble pas avoir compris qu'elle devrait être morte depuis un bon moment.
Elle tire un coup, un seul.
Et Jan marque un coup d'arrêt avant de s'effondre au sol.
Par précaution, elle lui tire deux balles supplémentaires.
Le corps de Jan est agité de spasmes et de soubressauts.
Je me précipite pour lui confisquer ses armes.

Le regard vide de Jan se fixe brutalement sur moi et sa voix, qui n'est plus qu'un souffle rauque, me perce au plus profond de mes tripes :

« Ne crois pas... mon frère, que tu as gagné aujourd'hui... les prophètes te feront payer ça. Tu n'es pas le meilleur, et loin d'être parfait. Tu verras, ils enverront... »

Une détonation retentit, Judith vient de tirer une balle supplémentaire sur le cadavre encore vivant.
Nous approchons avec circonspection dans le cercle des deux derniers mètres qui entoure la chose déchiquetée.

« Tu as utilisé quoi ?
- Balles PEM
- j'aurais du y penser... »

Les dernières paroles de la chose me font frissonner... elles ont rencontrer un écho vivace en moi, quelque chose... une vérité tellement atroce qu'elle ne peut que se hurler... mais elle reste en moi, dans mes tripes... qu'a-t-il voulu dire...

« Je crois que cette fois il a eu son compte.
- Oui.
- Je crois que je ne prendrais plus de café, plutôt un tord-boyau, mais d'abord je vais vomir.
- Je suis d'accord avec toi Judith »

Nous quittons le hangar, transformé en champ de bataille, et j'entand Judith vomir tripes et boyaux, j'en fait de même sur le mur extérieur.
Peu de temps après, nous penétrons dans le café, et j'ai déjà peur de ce que je vais apprendre de sa bouche...
©2006-2009 ~lysere
:iconlysere:

Author's Comments

Le dernier chapitre du tome 1,
Tombe un petit peu bizarrement vous ne trouvez pas ?
Je suis sûr que je peux améliorer...

Chapitre XLIII

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June 29, 2006
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